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Articles et textes signés par l'ASRSQ

Par David Henry,
coordonnateur aux programmes et aux communications, ASRSQ

Les victimes comptent… Vraiment?

Vous aurez sûrement remarqué ces affiches et ces spots publicitaires où le gouvernement du Canada vante son action envers les victimes d’actes criminels. Et les membres de ce gouvernement de répéter toujours la même phrase : « nous sommes pour les victimes et non pour les criminels ». Outre le fait qu’opposer systématiquement le droit des victimes et le droit des détenus est parfaitement ridicule en effet, ce n’est pas en réduisant les droits des uns qu’on améliore ceux des autres… Les victimes ont besoin d’être traitées avec considération et respect, d’être mieux informées du fonctionnement du système de justice, d’être rassurées et aidées pour faire face aux conséquences du crime. Mais les contrevenants, dont la majorité se retrouvera dans la communauté,  doivent aussi recevoir de l’aide pour leur permettre de se réinsérer dans cette communauté tout en évitant la récidive.

Le plus scandaleux dans cette campagne de publicité est le mensonge qu’elle véhicule… Le gouvernement conservateur dit se soucier des victimes, mais qu’en est-il vraiment? En effet, des millions de dollars ont été supprimés en subventions pour les services et pour divers projets venant en aide aux victimes de crime comme le rappelait l’ex-ombudsman des victimes d’actes criminels, Mr. Steve Sullivan,  dans une entrevue exclusive à l’agence QMI en avril dernier. Selon lui, les mesures sévères envers le crime ont peu d’impact sur la vie des victimes. « En se concentrant à envoyer les criminels en prison plus longtemps, on n’aide pas nécessairement les victimes. Les sentences font partie des mesures visant à appuyer les victimes, mais il y a bien plus que ça ».

Au mois de novembre, les médias nous ont appris que le gouvernement a dépensé seulement la moitié du fonds d’aide aux victimes, et ce, à cause d’un manque de personnel pour administrer le programme. Le ministère de la Justice prévoyait dépenser 8,8 millions de dollars en 2009-2010 dans le fonds d’aide aux victimes et n’a en réalité dépensé que 4,9 millions au cours de cette période. Le gouvernement conservateur n’a dépensé que la moitié des sommes dédiées aux victimes mais d’un autre côté, il a dépensé près de 6 millions de dollars cette année en publicité pour promouvoir ses actions en matière de justice pénale et en matière d’aide aux victimes dont la fameuse campagne : Les victimes comptent.

Il est scandaleux que les victimes soient instrumentalisées à des fins politiques et partisanes. Que le gouvernement passe de la parole aux actes et agisse réellement en faveur des victimes en leur offrant les services dont elles ont besoin et en assurant la sécurité de la communauté en offrant les services nécessaires aux personnes judiciarisées.