La justice réparatrice pour favoriser la réintégration sociale et communautaire
Le Centre de services de justice réparatrice (CSJR) vise à promouvoir et organiser des activités et des services, fondés sur une philosophie
de justice réparatrice, en vue de permettre à des personnes touchées par un acte criminel de reprendre du pouvoir sur leur vie. Le CSJR
réunit des personnes ayant subi et/ou commis des crimes apparentés ainsi que des membres de la communauté pour dialoguer et
restaurer ensemble ce que le crime a brisé. Ces rencontres ne sont qu’une des formes possibles de la justice réparatrice. Comme vous
le constaterez dans ce numéro, l’esprit de la justice réparatrice se répand à une vitesse surprenante et prend des formes de plus en plus
variées autant au Québec qu’à l’étranger.
Réparer ensemble ce que le crime a brisé
Voilà l’objectif visé par les différentes approches qui s’en rapportent. Mais ce qui la caractérise essentiellement et la distingue, c’est
qu’elle implique toutes les personnes concernées. Elle les invite à s’investir elles-mêmes dans cette démarche de réparation : offenseurs,
victimes et membres de la société. Fort de la conviction que toute personne est beaucoup plus que l’acte commis ou subi et qu’elle
peut retrouver du pouvoir sur sa vie.
La personne qui a commis le crime
Souvent, le crime a brisé des liens entre des personnes. L’offenseur doit se réparer lui-même, reconnaître ses torts, en accepter la
responsabilité et enfin cheminer vers une volonté de réparation de ses propres souffrances comme de celles qu’il a causées et ce, dans
toute la mesure du possible. En effet, la chaine des conséquences causées par le crime est immense que l’on pense à sa(ses) victime(s),
son ou sa conjointe, ses enfants, ses parents, son employeur et collègues de travail, ses amis, son voisinage. Voilà un cheminement qui
tend à l’amener à une responsabilisation personnelle et à favoriser sa réintégration sociale et communautaire.
La personne qui a été victime
Souvent, pendant plusieurs années, la personne victime d’un crime se sentira affectée et ce, à plusieurs niveaux : physique, psychologique
et tout particulièrement émotionnel. Sans oublier l’aspect d’insécurité qui l’affecte. Cette insécurité qui l’amène parfois à cacher à son
entourage ce qui lui est arrivé, soit par gêne, par honte ou par une culpabilité. L’opportunité lui est donnée de pouvoir raconter l’impact
de ce qu’elle a subi et d’exprimer ses émotions comme la colère. La victime ainsi reprend peu à peu du pouvoir sur sa vie.
La société
Inutile d’en parler longuement, lorsqu’un crime survient, c’est tout l’entourage, un quartier sinon une grande partie de la population
qui en vit une des conséquences : l’insécurité. Il est nécessaire d’en tenir compte et de favoriser l’expression de membres de la société.
Pour rétablir une certaine sécurité, la préparation de l’offenseur à son retour en société est essentielle. Que dire maintenant des
victimes, qui ayant repris du pouvoir sur elles-mêmes, entretiennent des relations alors plus justes avec leur entourage. Tout cela ne
peut qu’être bénéfique pour la société qui voit son tissu social renforcé et les relations entre ses membres devenues plus sécuritaires
et harmonieuses.
Des mises en pratique nombreuses et différentes
Ces approches de justice réparatrice ne font pas des miracles, mais contribuent significativement à aider les personnes qui s’en prévalent.
Elles sont une voie supplémentaire et différente de « Faire Justice ». Heureuse évolution pour une société qui décide de prendre soin
de ses membres vulnérables et les aider à reprendre leur vie en main, à reprendre du pouvoir sur leur vie. Quel meilleur moyen pour
rendre une société sécuritaire ?