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Comment protéger nos communautés ? En misant sur la réhabilitation sociale !

2 octobre 2023

David Henry, directeur général de l’ASRSQ
Daniel Benson, porte-parole de la Semaine nationale de la réhabilitation sociale 2023
Et 33 autres signataires

Au moment où l’on se préoccupe à juste titre de la violence contre les femmes et des délits par armes à feu, ce sont aussi nos communautés qui doivent adresser les problèmes de la délinquance. Et cela passe en grande partie par le travail d’organismes en réintégration sociale qui œuvrent à accompagner les personnes judiciarisées et à briser les préjugés. Un travail exigeant, dans l’ombre, mais qui a un impact majeur pour le Québec et notre sécurité à toutes et tous.

Notons que la durée moyenne d’une sentence d’incarcération provinciale n’est que de trois mois: la prison ne nous protège donc que pour une très courte période. Demandons-nous alors: avec quel type d’encadrement et de soutien souhaitons-nous que ces personnes détenues redeviennent nos voisins·es ?

La réhabilitation est le seul moyen de réellement protéger nos communautés à long terme, et cette protection passe par des services professionnels d’accompagnement et d’encadrement, qui continuent quand la sentence s’arrête. C’est un fait établi que la grande majorité des personnes judiciarisées se réintègrent pleinement dans nos communautés lorsqu’elles suivent les programmes et sont soutenues dans leurs démarches par ces organismes communautaires.

Ce sont donc ces derniers qui portent en grande partie le fardeau de l’avenir des personnes judiciarisées, en assurant leur accompagnement psychosocial et la réintégration au marché de l’emploi — en leur permettant, en clair, de redevenir des citoyens actifs, de travailler et de contribuer positivement à la société.

Mais, comme on l’entend sur toutes les tribunes, le milieu communautaire doit souvent œuvrer dans des conditions difficiles, avec des salaires peu compétitifs, des horaires atypiques et un manque de main-d’œuvre spécialisée aggravé par le recrutement de la fonction publique dans ce milieu.

Un financement adéquat des services offerts par ces organismes, fondé sur une vision à long terme, permettrait de reconnaître à sa juste mesure l’importance de cette pierre angulaire de notre filet social et de protéger encore mieux nos communautés. Dans un contexte où la complexification des besoins des personnes judiciarisées s’accroit (concomitance des problématiques, problèmes de santé mentale, toxicomanie accrue, etc.), la réintégration sociale doit être une priorité collective.

Le jugement social aussi déterminant que le jugement pénal

Le chemin de la réhabilitation est long, sinueux et exige l’appui autant des professionnels que de la communauté, qui doit faire face à ses propres préjugés. Car les difficultés de la réintégration sociale se situent aussi dans le regard que l’on porte sur les personnes en processus de réhabilitation. En tant qu’employeurs, collègues, propriétaires d’un logement ou voisins, nous pouvons aussi faire une différence dans le cheminement de ces personnes.

Et gardons à l’esprit que tout le monde n’est pas parti de la même ligne de départ: le milieu familial, la pauvreté, les inégalités dans le système scolaire, l’insécurité alimentaire, la victimisation et les dépendances ont un ascendant déterminant sur l’adulte que nous devenons.

La solidarité de la communauté et la réintégration sociale permettent de donner une seconde chance à des personnes qui n’en ont parfois même pas eu une première. En cette Semaine nationale de la réhabilitation sociale, il nous apparaît ainsi important de souligner le travail exceptionnel mené par les centaines d’organismes communautaires partout au Québec, au grand bénéfice de toutes et tous.

Liste des signataires :
  1. Patrick Pilon, directeur général, Réhabex, Gatineau
  2. Raymond Cotonnec, directeur général, CRC Curé-Labelle, St-Jérôme
  3. Geneviève Latreille, directrice générale, Maison Joins-Toi, St-Hubert et Granby
  4. Merris Centomo, directrice générale, Corporation Maison Cross Roads, Montréal
  5. Catherine Pouliot, directrice générale, CIVAS Montérégie, St-Hubert
  6. Paul Robitaille, coordonnateur, Maison l’Intervalle, Montréal
  7. Gabrielle Patenaude, directrice générale, CIVAS Estrie, Sherbrooke
  8. France Boulanger, directrice générale, Anti-pauvreté Mauricie Centre-du-Québec, Drummondville
  9. Michèle Michaud, directrice générale, RÉHAB, Vallée-Jonction
  10. Catherine Labarre, directrice des milieux de vie, Espace La Traversée
  11. Annie Morel, directrice générale, SAPC, Sherbrooke
  12. Annie Charest, directrice générale, L’arrimage, Rimouski
  13. Luciana Lima, directrice, Maison Madeleine-Carmel, Montréal
  14. Samira Figuigui, directrice générale, Société John Howard du Québec, Québec et Montréal
  15. Claudine Bertrand, directrice générale, Via travail, Montréal
  16. Laurent Champagne, Directeur général, Aumônerie communautaire de Montréal, Montréal
  17. Karine Roby, coordonnatrice clinique, Maison St-Laurent, Montréal
  18. Patricia Arseneault, directrice générale, CHC Lafleur, Sainte-Angèle-de-Prémont
  19. Stéphanie Larochelle, coordonnatrice, CRC Maison Radisson, Trois-Rivières
  20. Lorraine Michaud, directrice générale, CRC Arc-En-Soi, Rivière-du-Loup
  21. Danie St-Yves, directrice générale, Maison Radisson, Trois-Rivières
  22. Estelle Drouvin, directrice générale, Centre de services de justice réparatrice, Montréal
  23. Valérie Maltais, directrice générale, Association canadienne pour la santé mentale – section Saguenay, Chicoutimi
  24. Steeve Thomassin, directeur général, Maison de transition de Montréal, Montréal
  25. Mickaela Juvin, coordonnatrice générale, Relais-Famille, Montréal
  26. Daniel Poulin-Gallant, directeur, Alter Justice, Québec
  27. Stéphanie Tremblay, directrice générale, CRC Joliette, Joliette
  28. Johana Kim Francoeur, intervenante sociale, Aux Trois Mâts, Rimouski
  29. Diane Tremblay, directrice générale, CRC Le Pavillon, Québec
  30. Jean-François Cusson, directeur général, CRC Carpe Diem, Laval
  31. Simon Girard, directeur clinique, Société Emmanuel-Grégoire, Montréal
  32. Chantal Lessard, directrice générale, CRC ATNQ, Amos
  33. Laurent Champagne, directeur général, Aumônerie communautaire de Montréal, Montréal